International

qu’envoie la France à l’Ukraine par rapport aux autres pays?

Written by admin

Selon François Heisbourg, la participation de la France aux livraison d’armes à l’Ukraine ne s’élèverait qu’à 1,4%, loin derrière les Etats-Unis, la Pologne, l’Allemagne ou l’Italie. Pour les militaires français, ce classement est loin de la réalité.

La France est pointée du doigt pour la faiblesse de son aide à l’Ukraine en matière d’armement. Selon François Heisbourg, membre de l’International Institute for Strategic Studies, elle serait en 9e position avec 1,4%. “Je suis tenté d’arrondir à 2 %, certaines de nos livraisons passant par d’autres voies” indique-t-il. Mais la France reste loin derrière les États-Unis (49%), la Pologne (22%), l’Allemagne (9%) ou l’Italie (3%).

“J’ai eu l’occasion de bénéficier de données lors d’un récent déplacement au principal centre de distribution de l’aide militaire à l’Ukraine, situé en Pologne. Cette plateforme centralise l’effort des 48 pays occidentaux de ce qu’il est convenu d’appeler le groupe de Ramstein, auquel appartient la France”, explique François Heisbourg dans un Point de vue publié dans Ouest France.

Ces chiffres correspondent à ceux du Kiel Institute qui dans ses classements des pays qui aident l’Ukraine militairement, financièrement et en humanitaire, met la France en queue de peloton.

Une “puissance d’équilibres”

L’inquiétude de la faiblesse de ces envois repose, selon François Heisbourg sur le poids de la France en matière de défense européenne.

“La France milite plus que tout autre en faveur de l’autonomie stratégique européenne. Mais que pesons-nous en la matière avec 2 % de l’effort commun des pays de l’UE et de l’Otan? Le président de la République a indiqué que la France était une ‘puissance d’équilibres’ (…), note cet expert.

Récemment, Pierre Haroche, chercheur pour Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire, publiait dans Le Monde un appel à fournir à Kiev la réserve de cinquante chars Leclerc de l’armée française.

Quelle valeur?

Pour le général Pellistrandi, ces remarques sont loin de la réalité et font “bondir” les militaires français. Il rappelle l’envoi des 18 canons Caesar pris sur les stocks de l’armée de Terre qui n’en dispose plus que de 56. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a annoncé le déblocage d’un budget de 85 millions d’euros pour les remplacer.

La France a aussi fourni des missiles Milan et Mistral, une soixantaine de VAB (véhicules avant blindés), des mines antichars HDP-2A2, des protections NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) ou des lunettes de vision nocturnes de dernière génération. Elle doit également envoyer des canons tractés TRF1.

“Quelle valeur a le matériel envoyé par chaque pays? Les T72 polonais sont anciens et ont été réparés. Idem pour les chars envoyés par l’Allemagne. Ils ne sont pas au prix d’un matériel neuf, de dernière génération ou en état de marche comme ceux que la France envoie”, estime le général Pellistrandi.

Mieux communiquer

D’autre part, l’appui de la France ne se limite pas à une aide directe. Il est aussi constitué des unités terrestres et aériennes envoyées en Europe de l’Est, notamment en Roumanie, et des Awacs qui font du renseignement servant aux forces armées ukrainiennes.

“La France joue un rôle essentiel dans la défense européenne en plus des engagements qu’elle a à l’étranger comme au Sahel, c’est un coût que supporte la France et que n’ont pas les autres pays européens”, note le général Pellistrandi.

Quant aux chars Leclerc, le général signale qu’il s’agit d’un stock stratégique nécessaire pour la formation, le remplacement en cas de problème et pour faire face à des imprévus. Les donner imposerait de fournir à la fois des formations longues et coûteuses et disposer de pièces pour réparer ceux qui seraient endommagées.

La France devrait-elle plus communiquer sur l’aide qu’elle apporte à l’Ukraine?

“Il est urgent dans ces conditions que la clarté soit faite sur l’ampleur de notre effort, si l’on veut éviter de nourrir les critiques ou, pis encore, de subir l’humiliation de ne plus être pris au sérieux”, déclare François Heisbourg.

Sur ce point, le général Pellistrandi le rejoint. “Nous ne communiquons peut-être pas assez, mais on ne peut pas nous reprocher de ne pas faire”.

La France se prépare à faire mieux et produire plus et plus vite. C’est le message adressé début septembre par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu et attendu par les industriels de l’armement. Ensemble, ils ont annoncé leur volonté à s’engager et s’adapter à l'”économie de guerre” dans laquelle est entrée la France avec le conflit en Ukraine.

Pascal Samama

About the author

admin

Leave a Comment