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les Etats-Unis vont lever certaines interdictions de commerce pour faciliter l’accès à Internet

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Washington se porte au soutien des Iraniens. Le département du Trésor américain a annoncé, vendredi 23 septembre, la levée de certaines interdictions de commerce avec l’Iran, afin de permettre aux entreprises technologiques de fournir des plates-formes et des services permettant d’accéder à Internet, dont l’accès a été fortement limité dans le pays par les autorités. « Avec ces changements, nous aidons le peuple iranien à être mieux équipé pour contrer les efforts du gouvernement pour le surveiller et le censurer », a détaillé le ministère dans son communiqué, soulignant l’importance pour les Iraniens d’avoir « accès à des informations factuelles ».

Le pouvoir de Téhéran a bloqué l’accès à Instagram et à WhatsApp après six jours de protestations provoquées par la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée par la police des mœurs. Un média d’Etat a affirmé, jeudi, que dix-sept personnes étaient mortes dans les manifestations. Mais le bilan risque d’être bien plus lourd : vendredi, l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d’au moins 50 civils tués.

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Des ONG de défense des droits humains s’inquiètent notamment du blocage d’Instagram, extrêmement populaire en Iran, qui pourrait permettre une répression « à l’abri des regards », selon Amnesty International.

Internet national

NetBlocks, un site basé à Londres qui observe les blocages d’Internet à travers le monde, a décrit les restrictions comme « les plus sévères » en Iran depuis la répression meurtrière des manifestations de novembre 2019, quand le réseau avait été pratiquement totalement coupé. L’organisation affirme que les réseaux mobiles ont été temporairement suspendus et que certaines régions subissent d’importantes restrictions d’accès. Les observateurs ont ainsi relevé un blocage dans le Kurdistan iranien (nord-ouest), région d’origine de Mahsa Amini, où ont eu lieu certaines des manifestations les plus violentes.

Auprès de l’Agence France-Presse, Mahsa Alimardani, chercheuse sur l’Iran pour l’organisation de défense des droits Article 19, a précisé que certaines personnes réussissent à contourner les restrictions en utilisant des réseaux privés virtuels. Elle estime que les autorités pourraient craindre les effets négatifs sur l’économie du pays en cas de coupure complète et qu’elles peuvent aussi s’appuyer sur le « réseau national d’information », une sorte d’Internet national.

Les restrictions « compliquent » la publication de vidéos de manifestations, mais malgré tout, « elles continuent de circuler », selon elle. Parmi ces vidéos publiées sur les réseaux figurent celles de femmes brûlant leur voile, des manifestants déchirant des effigies des dirigeants de la République islamique, mais aussi des forces de l’ordre tirant sur la foule.

« La possibilité d’un bain de sang »

Lors des manifestations de novembre 2019, provoquées par l’augmentation du prix des carburants, la coupure d’Internet avait permis aux autorités de réprimer pratiquement à huis clos. Amnesty International affirme que 321 personnes avaient été tuées alors, soulignant que ce nombre ne recouvre que les cas avérés et que le bilan réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.

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L’ONG se dit « très préoccupée par les perturbations d’accès à Internet et aux réseaux mobiles », et appelle la communauté internationale à faire rapidement pression pour que Téhéran « cesse de tuer et blesser encore plus de manifestants à l’abri des regards ». Hadi Ghaemi, le directeur du CHRI, estime que « la possibilité d’un bain de sang est maintenant réelle ».

Le patron d’Instagram, Adam Mosseri, a confié son inquiétude, tandis que l’application WhatsApp a souligné qu’elle n’était pas à l’origine des perturbations, ajoutant que le groupe « ferait tout ce qui est dans [ses] capacités pour maintenir le service ». Le service de messagerie Signal a confirmé être toujours bloqué en Iran et encouragé ses utilisateurs hors du pays à utiliser des solutions de contournement, via des serveurs intermédiaires, pour permettre aux Iraniens de se connecter.

Le Monde avec AFP

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