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entre indignation et refus du boycott, les partis politiques français divisés

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Le stade Lusail, qui accueillera la finale de la Coupe du monde de football, au Qatar, le 9 septembre 2022.

Impossible pour eux de ne pas se prononcer sur un événement sportif d’une telle ampleur politique. A moins de deux mois du coup d’envoi de la très controversée Coupe du monde de football, qui se tiendra au Qatar du 20 novembre au 18 décembre, les critiques de personnalités publiques se multiplient en France à l’égard de son organisation dans l’émirat, y compris sur la scène politique. Tour d’horizon des différentes positions des partis.

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La gauche s’indigne devant un « spectacle intolérable »

Chacune des organisations de gauche membre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) s’oppose de manière claire à la tenue de la compétition sportive au Qatar, pour des raisons écologiques, sociales et relatives aux droits de l’homme. Ainsi, sous des formes plus ou moins nuancées, les socialistes, écologistes, communistes et « insoumis » appellent tous à son boycott.

Europe Ecologie-Les Verts a pris position sur la question depuis plusieurs années, alors que l’attribution de l’organisation de l’événement au Qatar date de 2010. Lors des élections régionales de 2021, le chef de file du parti, Julien Bayou, alors candidat pour la région Ile-de-France, avait ainsi répété la position des écologistes en faveur d’un boycott de l’événement.

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La France insoumise s’est aussi saisie de la question à bras-le-corps. Dans un communiqué publié jeudi 22 septembre, les députés du parti soulignent leur « indignation devant le spectacle intolérable de cette coupe du monde » et critiquent la « maltraitance des ouvriers immigrés », « les matchs climatisés à ciel ouvert » à venir, tout comme les « droits de l’homme non respectés et les droits des LGBTQ + bafoués » au Qatar. « Il est hors de question qu’il y ait un quelconque représentant du gouvernement » sur place, a commenté le député Alexis Corbière vendredi.

Lors d’un débat organisé en août à l’Assemblée nationale, le chef du Parti socialiste, Olivier Faure, avait quant à lui dénoncé : « Sous chaque pelouse, il y a un cimetière, celui de ces travailleurs forcés, celui de l’universalisme des droits bafoués. » Il avait justifié l’appui des socialistes au boycott, en ajoutant que le Qatar était « champion mondial des émissions de CO2 par habitant » et que des « soupçons pèsent sur le financement qatari du terrorisme ».

« Je me retrouve dans l’appel [au boycott de l’ancien footballeur] Eric Cantona » a fait valoir pour sa part le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel, le 14 septembre sur Franceinfo. « Parce que le Qatar est un pays qui criminalise encore l’homosexualité », « parce que le Qatar, pour cette Coupe du monde, a organisé des chantiers sous lesquels il y aura des milliers de morts », a-t-il argumenté. Le député du Nord a toutefois plaidé pour que la France trouve des moyens de faire « passer des messages » sur l’environnement et les droits de l’homme, lors du déroulement de la compétition, puisqu’elle se déroulera quoi qu’il advienne.

Trop tard pour la boycotter selon le RN

Le Rassemblement national (RN) se tient de son côté sur une ligne de crête sur le sujet. Contestant la tenue de la compétition au Qatar, il affirme en même temps qu’il est trop tard pour la boycotter. « Il y a certains pays sur lesquels on est très regardant [sur la question de droits de l’homme] et puis il y en a d’autres sur lesquels on l’est beaucoup moins », a ainsi fustigé Marine Le Pen sur France Inter, mardi. « Maintenant cette décision a été prise et je pense que le sport doit être découplé de la politique (…), il ne serait pas, à mon avis, positif que de refuser d’y aller » a-t-elle ajouté.

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Une position appuyée par le président par intérim de son parti, Jordan Bardella, vendredi matin sur BFM-TV : « Maintenant on y va. (…) La vérité, c’est que cette Coupe du monde n’aurait jamais dû avoir lieu au Qatar ; (…) évidemment que nous n’aurions pas dû y aller mais, encore une fois, c’est ce qu’on appelle la mise devant le fait accompli. »

Chez Les Républicains, la réponse à la question du boycott se résume à un « non », a affirmé le président du Sénat, Gérard Larcher, le 7 septembre sur France Inter. « Non [au boycott], mais je pense qu’il va falloir réfléchir aussi à ce qu’on ait une Coupe du monde qui corresponde aux défis » qui se posent « au monde entier » sur la question climatique, a-t-il fait valoir.

Pour le gouvernement, le boycott n’est pas à l’agenda

Pour répondre aux critiques émanant essentiellement de la gauche, le gouvernement préfère mettre l’accent sur le fait que l’organisation de la Coupe du monde dans le pays de la péninsule arabique « a été décidée il y a dix ans », soit lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. « C’est compliqué à quelques semaines du début [de la compétition] de dire tout d’un coup : en fait, il ne faut pas le faire », a ainsi fait valoir le porte-parole de l’exécutif, Olivier Véran, vendredi sur RTL.

La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a déployé un argumentaire similaire au « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, le 11 septembre, ajoutant : « Vous avez des équipes qui se préparent depuis des années. Cette décision elle a été prise dans un autre contexte climatique. Ce n’est pas une décision qui relève de l’Etat français (…) et je ne crois pas que le fait de [la] boycotter change, malheureusement, les émissions de gaz à effet de serre de cet évènement. »

« Si j’étais le chef de l’Etat, je n’irais pas », a affirmé de son côté l’ancien président de la République, François Hollande, à l’occasion du festival Demain le sport, jeudi. Mais « je ne peux pas demander à des joueurs de football (…) de ne pas aller à une compétition pour laquelle ils se sont préparés depuis des années », ni aux téléspectateurs de ne pas la regarder, a-t-il nuancé. Une position qui résume bien le dilemme politique français sur la question.

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