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Des «crimes de guerre» ont été commis en Ukraine, selon les enquêteurs de l’ONU

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Le président de la commission, Erik Mose, a évoqué les bombardements russes sur des zones civiles, de nombreuses exécutions, la torture et les violences sexuelles.

L’ONU avait jusqu’à présent parlé de soupçons de crimes de guerre en Ukraine mais des enquêteurs de l’organisation ont conclu vendredi que de telles atrocités ont bien été commises dans le pays depuis l’invasion russe en février.

La commission d’enquête de l’ONU sur l’Ukraine a été lancée en mars par le Conseil des droits de l’homme (CDH) afin d’enquêter sur les atteintes aux droits humains commises par les troupes russes. Le Conseil a par la suite approuvé en mai une nouvelle résolution demandant à la commission d’enquêter spécifiquement sur les graves violations des droits de l’homme commises par les troupes russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.

«Allégations crédibles»

Au cours des enquêtes dans ces quatre régions, la commission a visité 27 villes et localités et a interrogé plus de 150 victimes et témoins, a expliqué son président, Erik Mose, lors d’un premier compte rendu oral devant le Conseil. Et, a-t-il dit, «sur la base des preuves recueillies par la Commission, celle-ci a conclu que des crimes de guerre ont été commis en Ukraine», énumérant les bombardements russes sur des zones civiles, de nombreuses exécutions, la torture et les mauvais traitements ainsi que les violences sexuelles.

«Nous avons été frappés par le grand nombre d’exécutions dans les régions que nous avons visitées. La Commission enquête actuellement sur ces décès dans 16 villes et lieux. Nous avons reçu des allégations crédibles concernant de nombreux autres cas d’exécutions, que nous sommes en train de documenter», a déclaré Erik Mose. Les corps retrouvés ont pour caractéristiques communes d’avoir des signes visibles d’exécutions, tels que des mains attachées derrière le dos, des blessures par balle à la tête ou des gorges tranchées. Erik Mose a également dénoncé les bombardements russes sur des zones civiles.

Torture et viols

En outre, les témoins, a-t-il indiqué, ont fourni des récits concordants de mauvais traitements et de torture, qui ont été perpétrés pendant leur détention illégale. Certaines des victimes ont rapporté qu’après une première détention par les forces russes en Ukraine, elles ont été transférées en Russie et détenues pendant des semaines dans des prisons.

«Les interlocuteurs ont décrit des passages à tabac, des chocs électriques et une nudité forcée, ainsi que d’autres types de violations dans ces lieux de détention», a souligné Erik Mose, qui note également qu’après avoir été transférées en détention en Russie, certaines victimes auraient disparu.

Crimes sur les enfants

Des cas de violences sexuelles ont également été rapportés aux enquêteurs de l’ONU. Dans certains cas, des proches ont été contraints d’être témoins de ces crimes. Dans les cas sur lesquels la commission a enquêté, l’âge des victimes de violences sexuelles ou fondées sur le genre allait de quatre à 82 ans.

La commission a également documenté des cas où des enfants ont été violés, torturés et enfermés illégalement. «Des enfants ont également été tués et blessés lors d’attaques aveugles à l’arme explosive», a dénoncé Erik Mose. Il a par ailleurs brièvement indiqué que la commission avait eu à traiter deux cas de mauvais traitements infligés à des soldats russes par les forces ukrainiennes. «Bien que peu nombreux, ces cas continuent de faire l’objet de notre attention», a-t-il assuré.

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