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Réforme du cyclisme pro : Que propose l’UCI d’ici 2030 ? – Actualité

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L’Union cycliste internationale a publié son agenda 2030, sa feuille de route de réformes à mener, à l’occasion de son congrès en marge des Championnats du Monde à Wollongong (Australie). Si dans son projet de développement international l’UCI compte plus sur le VTT, le BMX et les disciplines urbaines, elle reconnaît que le cyclisme pro sur route est l’activité la plus populaire de celles pratiquées au sein de la fédération internationale. Mais elle veut changer son modèle économique, un refrain qu’on entend depuis plusieurs décennies maintenant. “De nombreux organisateurs peinent à boucler leur budget, et les équipes sont quasiment exclusivement dépendantes de leur sponsor titre. De plus, il y a peu de sponsors de taille mondiale, et la valeur économique de notre sport est assez faible en comparaison avec les sports majeurs au niveau mondial“, constate l’UCI en préambule.

La retransmission télévisée des épreuves, et l’argent potentiel qui en découlerait, est un des piliers de cette réforme. L’UCI aimerait que des organisateurs se regroupent pour mutualiser les droits TV. Elle propose aussi la mutualisation des moyens de production pour assurer un niveau de qualité standardisé et de haute qualité.

UNE SOCIÉTÉ COMMUNE POUR NÉGOCIER LES DROITS

Cette réforme prévoit aussi la création d’une compagnie qui regrouperait les droits commercialisables des organisateurs et des équipes. Cette société, si elle arrive à regrouper les grands organisateurs et les grosses équipes, pourrait alors négocier un gâteau plus gros à partager entre les associés. Ce projet de société commune concerne aussi le cyclisme féminin avec le même but de négocier et partager des droits commerciaux.

Pour donner envie aux télévisions de mettre la main au portefeuille, il faut “renforcer l’attractivité” qui fait donc partie des thèmes du travail de la réforme du cyclisme pro. L’UCI veut favoriser de nouveaux formats de course. Elle veut aussi encadrer l’utilisation des nouvelles technologies (elle l’a déjà fait, lire ici). Enfin, toujours dans le thème de l’attractivité, l’interdiction des oreillettes entre le coureur et son DS est à l’étude. Enfin, la limitation du budget des équipes est évoqué dans ce projet.

REGROUPEMENTS GÉOGRAPHIQUES DANS LE CALENDRIER

La fédération internationale constate aussi que son WorldTour masculin déborde d’épreuves depuis les ajouts de 2009 et surtout 2017. “La promotion de beaucoup d’entre elles dans l’UCI WorldTour a pu rendre ce calendrier parfois difficilement lisible et les chevauchements nombreux. Le calendrier féminin, plus récent, ne souffre pas des mêmes maux, mais l’augmentation significative du nombre d’épreuves féminines nous oblige également à repenser ce calendrier”, prévient-elle. Il faut donc agir.

Le calendrier international sera réorganisé en séquences géographiques et par type de course, “afin d’en optimiser la valeur“, selon l’UCI. Ce regroupement géographique a pour but de réduire les émissions de carbone liées au transport. Ce calendrier veut éviter les chevauchements d’épreuves. Mais il veut aussi étendre ce calendrier dans le monde entier et ne pas concentrer encore plus les épreuves dans “les pays leaders“.

UNE SÉRIE MONDIALE DE HAUT NIVEAU

La feuille de route prévoit aussi d’“inciter les organisateurs de l’UCI WorldTour à créer une épreuve féminine”. Alors que dans le même temps, la fédération craint l’engorgement du cyclisme féminin s’il suit le modèle actuel du WorldTour masculin. Elle veut aussi offrir une activité satisfaisante dans le calendrier UCI féminin pour les équipes de deuxième division.

L’agenda prévoit aussi de “promouvoir les meilleures épreuves dans une série mondiale de haut niveau”. Quelle sera sa place par rapport au WorldTour ? Cette refonte du calendrier doit aboutir pour le cycle 2026-2028.

RÉFORME DU CCP

Pour diriger le cyclisme pro, l’UCI compte réformer le Conseil du cyclisme professionnel (CCP), créé en 1999 par Hein Verbruggen (lire ici) qui administre le WorldTour. La réforme veut assurer la présence des fédérations nationales au sein du CCP alors que sa création en 1999 marquait leur mise à l’écart. L’UCI jette aussi une pierre dans le jardin des organismes représentés dans ce CCP (AIOCC pour les organisateurs, AIGCP pour les équipes hommes, UNIO pour les équipes femmes, et le CPA, pour les coureurs) en leur demandant d’améliorer leur gouvernance. Dans le même temps, un organe de supervision équivalent dans le cyclisme pro féminin sera créé.

Il y a donc du pain sur la planche mais le précédent agenda de David Lappartient avait été respecté dans ses grandes lignes.

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