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ONU : l’inquiétude monte pour la sécurité alimentaire mondiale

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Publié le 22 sept. 2022 à 8:05Mis à jour le 22 sept. 2022 à 15:19

Comment éviter un redoublement des famines dans le monde , alors que le grenier à blé de l’Europe, l’Ukraine, est à feu et à sang ? Alors que les prix de l’essence, des engrais, des aliments eux-mêmes ont explosé ? Par la coopération, répondent les diplomates et les chefs d’Etat présents cette semaine à New York pour la 77e Assemblée générale des Nations unies – alors que la communauté internationale est menacée de fracturation par l’agression russe et l’attentisme chinois.

Les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine et l’Espagne ont coprésidé ce mardi un sommet consacré à la sécurité alimentaire. Mercredi, Emmanuel Macron a participé à une réunion de travail sur le sujet avec plusieurs organisations internationales (FMI, Union africaine, programme alimentaire mondial…), afin de bâtir un mécanisme viable d’accès aux engrais pour les agriculteurs africains.

Lundi, en ouvrant l’assemblée générale, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a évoqué le navire des Nations unies qui a transporté des céréales ukrainiennes jusqu’à la corne de l’Afrique, affamée par la sécheresse. « Ce bateau est un exemple de ce que le monde peut accomplir quand nous agissons ensemble », a-t-il déclaré.

Biden débloque 2,9 milliards de rallonge

Depuis le début de la guerre, la mobilisation de la communauté internationale a permis de convoyer 10 millions de tonnes de céréales hors d’Ukraine par voie fluviale et routière, puis 2,4 millions via la mer Noire. Emmanuel Macron a annoncé mardi que la France participerait au financement de l’évacuation du blé ukrainien vers la Somalie.

Puis le président des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé mercredi une rallonge de 2,9 milliards de dollars pour la sécurité alimentaire mondiale, en plus des 6,9 milliards déjà débloqués par le gouvernement américain. Au début de la semaine, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, avait rappelé que près de 50 millions de personnes dans le monde étaient menacées de famine.

15 % des silos inaccessibles aux Ukrainiens

Même si Moscou a finalement accepté de laisser sortir une partie de la récolte ukrainienne en levant partiellement son blocus sur la mer Noire, la Russie est montrée du doigt comme le pays qui affame le monde. En amont de l’Assemblée générale des Nations unies, le gouvernement américain a relayé les travaux d’une équipe de chercheurs de Yale tendant à prouver que l’armée russe avait délibérément tiré sur les silos à grain d’Ukraine.

Après avoir scruté des images satellites et les avoir confrontées aux données du gouvernement ukrainien, ils ont constaté qu’au moins 5 % de la capacité totale de stockage du pays avait été détruite ou endommagée, et que 15 % étaient soit hors d’usage, soit sous le contrôle des forces russes.

D’une crise du coût à une crise de disponibilité

« Jusqu’à présent, nous avons regardé la crise due au coût du grain », mais l’impact des bombardements ciblés « pourrait mener à une seconde crise, une crise de disponibilité », a déclaré lors d’une conférence de presse Nathaniel Raymond, du Yale Humanitarian Research Lab, car « si les fermiers ukrainiens n’ont pas assez de stockage pour entreposer leur grain d’hiver, cela pourrait mener à des pénuries alimentaires ayant des répercussions mondiales ».

L’Ukraine pourvoit en temps normal à 40 % des besoins d’aide d’urgence du programme alimentaire mondial, a-t-il rappelé, or « la quantité de grain abîmé ou détruit qui pourrait résulter des dégâts que nous avons visualisés dans ce rapport est équivalente au total du grain qui a quitté l’Ukraine grâce à l’accord négocié par l’ONU ces dernières semaines ».

Cibler des infrastructures de production ou de stockage de nourriture peut constituer un crime de guerre voire un crime contre l’humanité, et cela même si les dommages résultent de tirs non discriminés plutôt que d’une intention de détruire. « Nous avons des preuves » que de tels crimes pourraient avoir été commis, a déclaré Nathaniel Raymond. Les chercheurs se sont engagés à livrer ces éléments à la justice internationale et ukrainienne.

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