Sport

le boycott impossible ? / Ligue des nations / Gr. A / France-Autriche (2-0) / SOFOOT.com

Written by admin

Revenu en Bleu en l’absence de Karim Benzema, après avoir été snobé sur quatre des cinq derniers rassemblements, Olivier Giroud a largement saisi l’opportunité que Didier Deschamps lui a offerte ce jeudi soir contre l’Autriche (2-0) : un but, une passe dé et un rôle joué à la perfection aux avant-postes. La Coupe du monde est dans deux mois, mais cela suffira-t-il à convaincre le sélectionneur ?


Modififié

Peu de choses en Europe ne doivent valoir l’amour de San Siro, certes. Mais cela avait dû manquer à Olivier Giroud, depuis un an et trois mois, de sentir ce Stade de France bouillant, scandant son patronyme à l’unisson. La dernière fois, c’était en juin 2021, alors que la grande tige de Chambéry signait un doublé face à la Bulgarie, à quelques jours d’un Euro où il ne grattera que 40 minutes de jeu en quatre parties. Depuis, le Français a découvert la Serie A, y a fait un carnage du haut de ses 35 berges, et a soulevé le scudetto. En Équipe de France, pourtant, son statut a continué de glisser vers la case de ceux dont Didier Deschamps ne sait pas vraiment quoi faire.

À deux buts de Thierry Henry

Car entre juin 2021 et cet été, le Rossonero a quasiment disparu de la circulation sur le plan international, n’ayant mis les pieds à Clairefontaine qu’une seule fois sur les cinq rassemblements des Bleus. Son unique fenêtre de tir ? Deux amicaux face à la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud, où il a régalé les publics du Vélodrome et de Pierre-Mauroy, avec un pion à chaque fois. Pourtant, la Dèche lui avait encore préféré Wissam Ben Yedder, trois mois plus tard, et l’avait laissé cogiter en Lombardie. Jeudi dernier, le sélectionneur a confirmé qu’il ne faisait appel à la tour de contrôle du Milan que quand un certain Karim Benzema – avec qui la cohabitation semble compliquée – était indisposé, mais qu’importe : comme d’habitude, l’avant-centre a croqué sa chance à pleines dents, avec ce qu’il sait faire.

Soixante-dix-huit minutes durant, le champion de France 2012 a rappelé ce qui faisait sa force sous la tunique nationale, face aux coéquipiers de David Alaba : ce rôle de pivot dos au but que personne d’autre ne semble capable d’endosser parmi le vivier français, ses remises qui huilent le jeu, son activité dans les airs et sa présence dans la surface, la peur qu’il inspire dans les yeux de ses gardes du corps, sa complémentarité avec Antoine Griezmann (autre Bleu contrarié, qui était déjà au service sur le dernier but du G avec les Tricolores et est d’ailleurs sorti en même temps que lui) ou encore son omniprésence dans les circuits de passes une fois qu’on commence à le trouver. Et cela a glissé tout seul : à la récupération d’un cadeau autrichien juste avant l’heure de jeu, il a pu lancer Kylian Mbappé, permettant au Bondynois d’aller planter son but en solitaire ; dix minutes plus tard, il a senti arriver la galette de Grizou et a souillé le mètre 89 de Philipp Lienhart pour placer un coup de casque grandiose dans les ficelles de Patrick Pentz : 2-0, signé Giroud.

« Il fait tout pour faire en sorte d’aller au Mondial » Didier Deschamps

« J’ai toujours considéré qu’un joueur qui a un statut doit garder le même statut en équipe de France, expliquait froidement DD au sujet de l’ancien Tourangeau, dimanche dans Téléfoot. Humainement, c’est très difficile lorsqu’on ne le conserve pas. » Une manière de ne pas trop donner de faux espoirs à son attaquant, qui même en empilant les caramels à chaque apparition avec l’EDF, a encore de bonnes chances de ne pas voir le Qatar. En attendant, l’intéressé poursuit son oeuvre : plus vieux passeur mais surtout plus vieux buteur de l’histoire de cette sélection (à 35 ans et 357 jours), il pointe désormais à deux réalisations (49 en 113 capes depuis 2011) de Sa Majesté Thierry Henry. Après le récital de son joueur, Deschamps s’est montré « content pour Olivier, il le mérite. Il a eu des périodes plus compliquées, en club, où il a eu peu ou rien. Si je l’appelle et que je le mets, c’est pour qu’il soit bon et qu’il marque des buts. Il a participé amplement à beaucoup d’actions offensives, beaucoup de combinaisons. […] Qu’il continue d’être performant. N’interprétez pas. Est-ce que je vous ai dit qu’il n’y serait pas ou qu’il y serait (au Mondial) ? Ni l’un ni l’autre, mais il fait tout pour faire en sorte d’y aller. Il y a beaucoup, beaucoup de concurrence à tous les postes. Je peux avoir un peu plus de marge mais ce n’est pas amener 26 pour amener 26. Tant mieux pour ce qu’il a fait. » Le seul boycott au Qatar que le football français s’autorisera, c’est donc peut-être celui d’Olivier Giroud.

Les notes des Bleus contre l’Autriche

Par Jérémie Baron, au Stade de France
Propos recueillis par MB, au stade de France

About the author

admin

Leave a Comment