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Jean-Aimé Toupane, en cinq actes : “J’aurais voulu que l’on me juge à la fin”

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Alors que les Bleues défient l’hôte australien en ouverture de la Coupe du Monde ce jeudi à 12h30, la planète basket découvrira un nouveau visage sur le banc tricolore. Pour la première fois depuis le Mondial 2014, une autre personne que Valérie Garnier y prendra place en la personne de Jean-Aimé Toupane (64 ans).

Bien sûr, depuis sa nomination en octobre, le Franco-Sénégalais a déjà eu l’occasion de diriger son équipe : dix fois exactement, pour un bilan équilibré (5v-5d), des succès encourageants comme en Belgique et quelques sorties inquiétantes, à l’image de ce tournoi de qualification à Belgrade ponctuée par une défaite contre le Nigeria et une gifle subie des mains de la Chine (70-103). Mais cette fois, l’ancien entraîneur de Clermont-Ferrand va véritablement plonger dans le grand bain, avec sa première grande compétition internationale. Réunie depuis le 9 août, l’équipe de France a connu une préparation très mouvementée, achevée par deux revers constructifs contre l’Australie et le Japon ces derniers jours à Sydney. Les six semaines tricolores ont été émaillées par la découverte d’une multitude de nouveaux visages, par l’attente des joueurs retenues en WNBA (Iliana Rupert vient à peine d’arriver) et par de nombreuses blessures de cadre, la capitaine Sandrine Gruda en premier lieu, ou Marine Johannès, en toute dernière minute…

Au milieu de la tempête, Jean-Aimé Toupane tente de garder le cap. Critiqué depuis les premiers jours en raison de son absence totale d’expérience dans le basket féminin, le nouveau sélectionneur tente de diffuser de la sérénité et impose progressivement sa méthode. Juste avant de quitter les Bleues sur blessure, Marine Johannès indiquait que le groupe « comprend maintenant vraiment où veut en venir Aimé ». Évidemment désireux d’aller voir le plus haut possible, le coach champion de France Pro B 2004 a clamé que son équipe était « en mission » en Australie. Il y a un mois, encore loin de l’Océane, il avait profité d’un moment de calme à Marseille pour répondre à nos questions et retracer son parcours, de sa jeunesse sénégalaise à sa prise de poste contestée en sélection.

L’acte 1,
grandir au Sénégal

« J’ai eu une jeunesse heureuse au Sénégal. Mon père était magistrat et ma mère nous a élevés, avec mes sept frères et sœurs. Nous étions unis dans la joie et le bonheur. Nous habitions à côté d’un complexe sportif à Zinguinchor, en Casamance. Mon premier sport était le judo puis j’ai fini par suivre mon grand frère assez naturellement au basket. Ça s’est bien passé et depuis, je baigne dedans (il sourit). J’ai commencé à tripoter la balle à 7 – 8 ans. On allait souvent jouer sur les installations à côté de chez nous. J’ai été l’un des premiers à arriver en équipe nationale du Sénégal, très tôt, vers l’âge de 15-16 ans. J’ai fait une Coupe d’Afrique et un championnat du monde aux Philippines (en 1978) puis je suis parti en France pour mes études. »

L’acte 2,
joueur en France

« J’ai d’abord débarqué à Mirande, en excellence région. Je suis initialement venu pour le bac, l’idée était ensuite d’intégrer une fac mais le basket a pris le dessus. Alain Jardel m’avait récupéré à l’aéroport de Mérignac, dans sa poire verte, une Renault 14 (il rit). J’ai eu la chance d’avoir eu ce personnage du basket qui m’a accueilli et aidé à mon arrivée. Il fut mon premier coach et est très important dans ce que je suis devenu aujourd’hui. Je ne suis resté qu’un an à Mirande, avant d’aller à Villeneuve-sur-Lot.

Jusqu’en demi-finale de Coupe d’Europe
Jean-Aimé Toupane, sous le maillot de la CRO Lyon en 1994/95

De la régionale à la Pro A, il ne me reste que des très bons souvenirs. J’ai eu la chance de côtoyer des grands entraîneurs : Alain Jardel, Bill Sweek, Jean-Luc Monschau, Laurent Buffard, Jean Galle… Il y a eu plusieurs aventures marquantes : Monaco, d’abord, aux côtés d’un très grand joueur en la personne de Robert Smith. On a été une grosse équipe, même si c’était compliqué au niveau des playoffs. Il y a également Mulhouse avec Jean-Luc Monschau, où l’on a atteint la demi-finale de la Coupe Korac (en 1991). À Gravelines aussi, on a fait fort en étant proche de sortir le Limoges CSP champion d’Europe. Ou le titre de champion de France Pro B à 39 ans avec Toulouse, en perdant très peu de matchs. J’ai même eu la chance d’être appelé en équipe de France, par Francis Jordane. Mais au final, j’ai été la première victime du règlement stipulant que l’on ne pouvait pas jouer pour une deuxième sélection nationale. Heureusement, j’ai eu la chance de revenir en tant qu’entraîneur (il sourit).

Quand j’étais joueur, j’avais quelque chose en moi où je m’interdisais de tricher. C’était vraiment ce qui me caractérisait. Je crois que c’est pour ça qu’on m’a toujours catalogué comme défenseur, même si j’ai beaucoup travaillé l’aspect offensif à la fin de ma carrière. J’étais un joueur tourné vers le collectif, vers tout ce qu’il fallait faire pour aider l’équipe à gagner. »

L’acte 3,
entraîneur

« Tout jeune, au Sénégal j’ai eu la chance d’avoir un entraîneur, Souleymane Ndiaye, qui m’a inculqué cette notion de partage, de transmission. Il m’a montré beaucoup de choses. Il a été un grand coach, un vrai formateur. J’ai obtenu mes diplômes très rapidement dans ma carrière en suivant un cursus STAPS ; j’ai ensuite fait mon Master 2 en management du sport à Toulouse et un autre en droit économique du sport à Limoges. Mais j’ai toujours su que j’allais entraîner. Par rapport à la projection que je me faisais du haut-niveau, par rapport à l’observation que je faisais de mes coachs, je voyais qu’il n’y avait pas que le terrain qui comptait. Il fallait avoir des informations sur les différents aspects de l’organisation du sport professionnel et c’est ce qui m’a poussé à faire mes études jusqu’au bout.

Jean-Aimé Toupane à la tête de sa première équipe, les Spacer’s de Toulouse, en 1998/99

Quand j’ai eu l’opportunité d’entraîner Toulouse en 1998, en passant du rôle de directeur sportif à celui de coach, ça a été naturel. Du temps où j’étais joueur, je dirigeais des jeunes, j’étais allé dans des camps aux États-Unis avec Robert Smith, j’avais fait des Summer League à Long Beach… Avec Toulouse, on s’est maintenu sportivement en Pro A mais pour des raisons politiques, le club des Spacer’s a disparu en 1999 Je suis quand même resté à Toulouse pour finir mes études. J’entraînais les jeunes du centre de formation en parallèle et on est même montré avec eux (il rit).

Le Stade Clermontois, la grande histoire

Ensuite, il y a eu une aventure humaine extraordinaire à Clermont-Ferrand. Celui qui m’a fait venir, en 2001, c’est Stéphane Lauvergne, avec qui j’avais joué à Mulhouse et que j’avais entraîné à Toulouse. Quand il est reparti à Clermont, il m’a proposé de le suivre. J’ai d’abord dit non car j’étais dans mes études mais en faisant mon deuxième master à Limoges, ça se rapprochait et j’ai finalement dit oui. Tout ce que j’avais appris de façon théorique à la fac, je voulais le mettre en pratique. C’était une vraie bande de copains, car il faut aussi ajouter, par exemple, Régis Racine avec qui j’avais joué à la CRO Lyon. C’était exceptionnel car nous sommes partis de rien et nous sommes montés année après année, de la Nationale 1 jusqu’à quatre ans en Pro A. C’est là où je me suis aperçu qu’un coach ne peut pas réussir seul, quel qu’il soit : ce sont les joueurs. J’ai eu la chance d’avoir des joueurs qui ont tellement donné pour le club et je ne les en remercierai jamais assez. Quelque part, ce sont eux qui m’ont lancé.

Clermont – Pau – Antibes : la série noire

Est-ce que l’Élan Béarnais (six matchs, tous perdus, ndlr) a été tournant raté dans ma carrière ? Non. C’était une expérience. C’est la première fois où je n’ai pas choisi mon staff et la deuxième, c’était à Antibes. Donc j’ai appris quelque chose (il rit). Pour moi, ce n’est pas un échec car je n’ai même pas eu le temps de travailler ou de faire des choses. Les gens peuvent le percevoir comme ça car tu ne vas pas au bout du process. Mais j’ai fait deux – trois mois et c’était fini. Je voyais bien que ça ne matchait pas et il valait mieux partir. J’ai beaucoup appris de cette expérience, de mon passage à Antibes aussi, pour m’apercevoir que l’on fait quelque chose de tellement difficile que tu ne peux pas arriver quelque part sans prendre toi-même les décisions. Si je me fais virer suite à mes propres décisions, OK. Mais si je me fais virer alors que c’est quelqu’un d’autre qui décidait à ma place, là c’est plus problématique.

Jean-Aimé Toupane lors de son rapide passage à Antibes en 2014 (photo : Sébastien Grasset)

Je sais que les gens me rappelaient souvent ma série de 23 défaites d’affilée en Pro A (à cheval entre Clermont, Pau et Antibes, ndlr). Je ne l’ai pas vu comme quelque chose d’encombrant, surtout quand tu regardes les six années d’avant à Clermont (il rit). Quand tu connais le contexte, tu comprends mieux. Au bout de la septième saison, à Clermont, le club n’avait plus d’argent : le président m’a dit qu’on allait essayer de faire le dos rond, redescendre en Pro B et repartir du bon pied. Pour mon ego, j’aurais pu claquer la porte et m’en aller. Mais j’ai assumé, j’ai fait avec ce qu’on avait et on est allé jusqu’au bout. On me ressasse cette série à chaque fois mais elle fait partie de mon histoire. Dans ma façon de voir les choses, je regarde toujours le verre à moitié-plein. C’est bien de me rappeler ces 23 défaites d’affilée : croyez-moi que pour les avoir vécus, jamais je n’oublierai ces moments-là mais croyez-moi aussi que je suis fier d’en appris beaucoup de choses. »

L’acte 4,
pilier du giron fédéral

« Ça fait longtemps que je suis dans le giron fédéral ! Quand Claude Bergeaud vient me chercher pour l’assister à la tête de l’équipe de France en 2005, j’ai été ravi de vivre cette aventure, d’être second. En travaillant avec Yves Baratet ou Jacky Commères aussi, ça a été une opportunité énorme d’être second, de voir le métier de coach différemment. J’ai beaucoup évolué aux côtés de ces garçons-là et la relation amicale entre nous perdure.

Quintuple médaillé avec les U20
Les Bleuets champion d’Europe 2010 sous la tutelle de Jean-Aimé Toupane (photo : FIBA)

J’ai passé une très longue période avec les U20. C’est une catégorie très complexe (il rit). Il faut savoir gérer l’imprévu, savoir s’adapter au contexte… J’ai commencé à Rhodes en 2009, avec les Thomas Heurtel, Kevin Séraphin, Antoine Diot, Edwin Jackson… À l’époque, il n’y avait qu’un joueur drafté par année, ou deux maximum. La fédération a toujours accepté le fait qu’on n’emmerde pas les gamins au cours leur été de draft, pour leur gestion de carrière. Au final, lorsqu’on regarde, c’était difficile d’avoir les meilleurs joueurs en U20. Rappelez-vous de l’année où il y a eu cinq draftés (en 2016, avec Guerschon Yabusele, Timothé Luwawu-Cabarrot, David Michineau, Isaïa Cordinier et Petr Cornelie, ndlr). À partir de là, il y a eu déclic énorme : la problématique, qui concernait auparavant deux joueurs maximum, s’est multipliée par dix. Même le vingtième joueur pense maintenant qu’il peut être drafté et va dire : « Ah non, je ne peux pas venir en U20, je suis invité pour des work-outs ».

Malgré tout, on a continué à avoir des résultats et j’étais fier d’entraîner des gamins qui avaient envie de mouiller le maillot et qui ont apporté beaucoup de choses. Cinq podiums en dix ans, c’est super. Il y a un titre aussi, en 2010, pas forcément avec la plus forte génération. Ça conforte dans l’idée que ce ne sont pas les meilleurs qui y arrivent à chaque fois. Entrainer les U20  m’a beaucoup apporté dans mon métier, même si être sélectionneur est complètement différent de coach. Tu officies sur une période très courte, il y a une urgence qui fait que tu es obligé de décider vite. A contrario, en club, tu peux plus travailler sur du long-terme.

À la tête du Pôle France
Comme ici avec Rayan Rupert, Jean-Aimé Toupane a accompagné de nombreuses générations à l’INSEP (photo : Sébastien Grasset)

Quand je récupère le Pôle France en 2014, c’était la volonté de Jacky Commères et Patrick Beesley depuis des années. Ils voulaient un entraineur ayant une expérience au niveau professionnel afin d’aider les gamins qui vont sortir. On voulait amener des repères en ce sens. Je ne changerai jamais ce que j’ai connu là-bas, on a vécu des moments forts, comme le sacre en EuroLeague Juniors en 2017 à Istanbul. Entraîner le Pôle France, c’était une responsabilité, pas un métier. Quand j’accompagne des gamins, je n’ai pas d’horaire, je considère que je suis un privilégié, je fais quelque chose qui me passionne. Ma plus grande déception, c’est de recroiser un gamin deux – trois ans après et de le voir en galère. »

L’acte 5,
sélectionneur de l’équipe de France féminine

« Je n’étais pas candidat au fait de reprendre l’équipe de France féminine. Mais j’ai reçu la proposition et en y réfléchissant bien, tu te dis que ça ne se refuse pas. Je suis entraineur fédéral depuis longtemps, avec différentes missions : adjoint des U20, adjoint de l’équipe de France, sélectionneur des U20, coach du Pôle France… Quelque part, on te propose une promotion ; tu réfléchis et tu te dis : « Bon, j’accepte ou je refuse ? » Je travaille depuis deux ans avec Cathy Melain. Je me dis que si j’y vais, je ne serai pas seul : je serai avec une fille qui connait le plus haut niveau international féminin. C’est un challenge d’accompagner une équipe qui a eu de très bons résultats. Valérie Garnier a mis la barre assez haut et venir derrière, ce n’est pas gagné (il rit). Je l’assume et je sais bien que certains ne comprennent pas trop pourquoi.

Sous le feu des critiques à peine nommé
Jean-Aimé Toupane devra convaincre les sceptiques en Australie (photo : Sébastien Grasset)

Quand j’ai été nommé, ma volonté a été d’aller voir tout le monde, même les plus réticents, car le projet Équipe de France appartient à tout le monde. Je ne sais pas combien de temps je serai là et quand je partirai, quelqu’un d’autre prendra la place. Il faut que l’on sente cette cohésion derrière le projet Équipe de France, c’est indispensable. À ces gens-là, je leur ai dit : « Posez-vous la question, pourquoi sont-ils venus me chercher ? » Il était même envisagé d’aller embaucher un sélectionneur étranger. Je leur ai dit qu’ils avaient eu les filles plus longtemps que moi mais que ce n’est aucunement dans notre intérêt commun que l’on ne parle pas le même langage aux gamines. La vexation des autres, l’historique de ce qui se passe dans le secteur féminin, je ne l’ai pas connu… Je le découvre. Il y a peut-être eu des gens mécontents mais il y a aussi eu des gens satisfaits de ma nomination, de voir que c’est quelque chose de nouveau. J’aurais voulu qu’on me juge à la fin de mon parcours. Là, je n’avais même pas commencé qu’on me tapait déjà dessus. Mais ils sont libres de dire ce qu’ils veulent, on est quand même en démocratie. Moi, demain, que ce soit Pierre, Paul ou Jacques à la tête des Bleues, je serai derrière, je le soutiendrai. J’ai suffisamment d’expérience pour comprendre qu’il faut être au-dessus de tout ça.

Peut-on entraîner les Bleues sans jamais avoir coaché d’équipe féminine ?

Ma connaissance du basket féminin ? J’étais quand même au Pôle France, je l’observais un petit peu de l’extérieur. Je regardais les jeunes joueuses passées par là-bas. J’ai beaucoup de mes copains qui ont des filles jouant au basket. J’ai toujours regardé un petit peu mais sans plus. On fait des séminaires communs avec les entraîneurs du secteur féminin, on partage pas mal de choses. Jacky Commères, directeur de la performance, a toujours eu ce souci d’associer les secteurs masculins et féminins. J’ai toujours eu des bons rapports, Valérie Garnier est une amie et j’en connais plein d’autres qui sont dedans : Laurent Buffard, mon ex-entraîneur et qui est le premier que j’ai appelé, Valéry Demory, Alain Weisz, Fabrice Courcier… À un moment donné, ils m’ont tous dit la même chose « Mémé, laisse les parler et fais ce que t’as as à faire. »

Quand j’ai été nommé, j’ai regardé beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de matchs. Des meilleures sélections mondiales (États-Unis, Australie, Canada) ou de l’EuroLeague, pour voir ce qui se faisait de mieux. J’apprends, même si je ne pars pas d’une feuille blanche au niveau du basket. C’est comme le vélo, on s’adapte vite (il rit). J’avais aussi la curiosité d’échanger avec les collègues. J’ai beaucoup travaillé avec l’INSEP, avec certains coachs d’autres disciplines du secteur féminin pour voir les leviers de la performance par rapport aux filles. Il est évident qu’on ne manage pas de la même façon des filles que des hommes. Si on ne prend pas en compte cette spécificité dans le relationnel, c’est compliqué. Mais sur la performance en elle-même, j’ai toujours pensé que les filles étaient aussi compétitrices que les garçons, qu’elles ont envie de réussir. Même si je dis souvent que dans un groupe de garçons, il y a des garçons qui vont réagir comme des filles et dans un groupe de filles, il y a des filles qui vont réagir comme des garçons. Ce n’est pas fermé, on ne peut pas dire que c’est blanc ou noir. Je pense que la vérité est au milieu, à moi de savoir qu’il y a cette nuance là et qu’il ne faut pas la perdre de vue. Cependant, catégoriser les filles serait la pire des choses car je pars du principe que la haute performance n’est pas genrée.

Un staff complet autour de Jean-Aimé Toupane (photo : Guillaume Poumarède)

Il n’y a donc pas besoin d’avoir entraîné des filles pour coacher l’équipe de France féminine ? Non, pas forcément. J’espère que je réussirai (il rit). J’ai quand même gagné quelques matchs déjà, même si ce n’est pas encore suffisant. Et ce n’est pas que moi, il y a tout un staff : David Gautier, qui est dans le secteur depuis pas mal d’années, Grégory Halin, Cathy Melain, Céline Dumerc… Ce n’est pas comme si j’arrivais seul dans un environnement inconnu. C’est rassurant de travailler avec des gens qui ont la même volonté que toi.

Objectif Coupe du Monde

Le contexte n’est pas idéal mais je veux toujours voir le verre à moitié-plein. Ma mission est de faire avancer cette équipe. La courbe du changement n’est pas simple, il y a toujours des moments de doute. Mais avec le temps, en travaillant, j’espère qu’on y arrivera. On ne peut pas dire que la Coupe du Monde est un tournoi de transition quand on est l’équipe de France. Il ne faut pas qu’on n’oublie qu’on est dans une grande fédération et qu’on a de l’ambition. Je vise le plus haut possible. Il y a deux objectifs : le résultat et le renouvellement de l’effectif. Est-ce qu’on peut faire les deux ? Je l’espère. Si on peut faire émerger par la force des choses des nouvelles filles, pourquoi pas. Ça aussi, c’est une grande responsabilité ! C’est pour ça qu’on a commencé au départ avec 21 filles. Il y avait des joueuses que je ne connaissais pas. Vivre avec elles, les amener dans un tel contexte d’exigence et de concurrence, ce sont des choses que l’on voulait effectuer avec le staff. Ce qui me rassure dans cette aventure est l’expérience que j’ai, moi qui ai tellement vécu mille vies. Même si je sais que c’est différent, toute cette expérience là va m’aider.

Représenter la France est une grande fierté pour moi. C’est un pays qui m’a accueilli, qui m’a tout donné. Je suis fier d’arborer cette tunique tricolore. Je sens le poids d’une grande responsabilité mais je l’ai toujours vécu comme ça, je ne fais jamais les choses à moitié. J’ai toujours en moi cette volonté de réussir et de montrer qu’ils ont eu raison de me confier la mission.

À Marseille,

par

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