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fuite de réservistes, la Russie ciblée à l’Onu… Le point au 211e jour

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La Russie, violemment critiquée après avoir annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour renforcer ses troupes en Ukraine et brandi la menace d’un recours à l’arme nucléaire, a rejeté ce jeudi 22 septembre 2022 les accusations occidentales concernant l’Ukraine lors d’une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l’Onu. Sous le feu des critiques internationales, la Russie préparait jeudi des votes d’annexion prévu à partir de vendredi dans quatre régions d’Ukraine, tandis que de nombreux Russes quittaient leur pays pour échapper à une éventuelle mobilisation sur le front ukrainien. Voici le point de la situation au 211e jour du conflit.

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Les combats se poursuivent

Sur le terrain, les missiles ont continué de pleuvoir ce jeudi 22 septembre 2022 avec, entre autres frappes, la ville de Zaporijjia (sud), sous contrôle ukrainien, touchée par neuf missiles, qui ont atteint un hôtel, faisant au moins un mort.

Les séparatistes prorusses de Donetsk ont eux accusé des soldats ukrainiens d’avoir tiré sur un marché, faisant sept morts, des médias locaux diffusant des images d’un bus calciné et d’un cadavre ensanglanté sur la route.

La situation de la guerre en Ukraine, le jeudi 22 septembre 2022. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

La Russie a par ailleurs confirmé un important échange de 215 prisonniers de guerre Ukrainiens contre 55 militaires russes, plus un proche de Vladimir Poutine, l’ex-député et homme d’affaires ukrainien Viktor Medvedtchouk.

Plus de 1 300 personnes arrêtées lors des manifestations

Selon l’ONG spécialisée OVD-Info, des rassemblements ont eu lieu dans plus de 40 villes de Russie mercredi soir après l’annonce par Vladimir Poutine de mobiliser 300 000 réservistes pour les enrôler sur le front en Ukraine. Les forces de l’ordre ont arrêté plus de 1 300 manifestants, au motif d’avoir discrédité l’armée russe, de refus d’obtempérer ou encore pour avoir violé la loi sur les rassemblements. Selon l’ONG, des participants se sont vus infliger des jours d’emprisonnement et des amendes.

Des milliers de Russes à travers le pays auraient d’ores et déjà été appelés et auraient été regroupés dans des bus ce jeudi pour suivre leur formation, avant d’être potentiellement envoyés sur le front en Ukraine, rapporte le New York Times .

Selon l’armée russe, 10 000 volontaires ont demandé à être mobilisés en Ukraine en 24 heures.

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Ruée des Russes vers les frontières

De peur d’être envoyés au front en Ukraine, des Russes en âge d’être appelés ont décidé de fuir à l’étranger pour échapper à la plus grande campagne de conscription de leur pays depuis la Seconde Guerre mondiale, rapporte Reuters .

Une personne, passée en Mongolie, a ainsi raconté à l’AFP sous couvert d’anonymat avoir dû attendre « pendant douze heures » pour passer la frontière en voiture. Les gardes-frontières finlandais ont dit observer une hausse des passages, qui reste cependant modérée. Les Russes ont besoin de visas pour s’y rendre. Des embouteillages se sont aussi formés à la frontière avec la Géorgie.

Des voitures venant de Russie font la queue au poste frontière entre la Russie et la Finlande près de Vaalimaa, le 22 septembre 2022. | OLIVIER MORIN / AFP

D’autres ont fui par avion, comme Dmitri, 45 ans, qui explique à l’AFP avoir fui en Arménie avec un simple sac, laissant au pays sa femme et leurs deux enfants, sans « aucune idée » de ce qu’il allait faire sur place. « Je ne veux pas aller à la guerre. Je ne veux pas mourir dans cette guerre insensée. C’est une guerre fratricide », dénonce-t-il.

Les vols au départ de la Russie, très limités et onéreux depuis l’adoption des sanctions occidentales dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine, affichaient complets dans les prochains jours pour quasiment toutes les destinations encore disponibles.

Les autorités ont affirmé que 300 000 réservistes seraient appelés, mais de nombreux Russes redoutent une mobilisation beaucoup plus massive.

Bien que les autorités russes aient assuré que l’appel serait limité aux personnes ayant une expérience militaire, une journaliste de la région de Bouriatie en Sibérie, Yanina Nimayeva, a écrit ce jeudi que son mari – père de cinq enfants et employé au service des urgences de la capitale régionale – avait été appelé alors qu’il n’avait jamais servi dans l’armée, rapporte aussi le New York Times.

L’Allemagne prête à accueillir des déserteurs russes

L’Allemagne s’est dite prête à accueillir des déserteurs de l’armée russe « menacés de grave répression », a déclaré la ministre allemande de l’Intérieur dans un entretien paru ce jeudi dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, au lendemain de l’annonce de la mobilisation de réservistes russes pour combattre en Ukraine. « Celui qui s’oppose courageusement à Poutine et se met ainsi en grand danger peut demander l’asile politique en Allemagne », a déclaré Nancy Faeser, ajoutant toutefois que l’asile politique n’a rien d’automatique et relèverait de décisions individuelles, assorties d’un contrôle de sécurité.

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Enquêter sur le « catalogue de cruautés » en Ukraine, réclame le chef de l’Onu

Le secrétaire général de l’Onu a appelé ce jeudi à enquêter sur le « catalogue de cruautés » qui ont lieu en Ukraine, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’« impunité » des crimes commis depuis l’invasion du pays par la Russie.

Les rapports des services humanitaires de l’ONU « sont un catalogue de cruautés : exécutions sommaires, violence sexuelle, torture et autres traitements inhumains et dégradants contre les civils et les prisonniers de guerre », a déclaré Antonio Guterres à l’ouverture de cette réunion à laquelle participe notamment le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « Toutes ces accusations doivent faire l’objet d’enquêtes, pour garantir la responsabilité », a ajouté Antonio Guterres. « Les auteurs doivent être tenus pour responsables lors de procédures judiciaires justes et indépendantes. Les victimes et leurs familles ont droit à la justice et à la réparation ».

« Chaque jour en moyenne, cinq enfants sont tués ou blessés », a par ailleurs dénoncé le chef de l’Onu, ajoutant que « 14 millions de personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants ont dû fuir ».

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À l’Onu, la pression internationale se renforce sur la Russie

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé ce jeudi 22 septembre la communauté internationale à contraindre le président russe Vladimir Poutine à rendre des comptes pour son invasion de l’Ukraine. « On ne peut pas laisser le président Poutine s’en tirer comme ça », a-t-il déclaré, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’Ukraine, en présence de la Russie.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui mène la délégation de l’Onu à New York en l’absence du président Vladimir Poutine, a rejeté ces accusations, dénonçant pour sa part « l’impunité » de Kiev. « Kiev doit son impunité à ses partenaires occidentaux », a-t-il affirmé, lançant une diatribe contre « l’État totalitaire nazi » en place selon lui à Kiev et l’impunité de l’Ukraine pour ses agissements depuis 2014. « Les États-Unis et leurs alliés avec la connivence d’organisations internationales des droits humains ont couvert les crimes commis par le régime de Kiev », a accusé Sergueï Lavrov, tout en disant rejeter d’avance le travail de la Cour pénale internationale dans laquelle la Russie « n’a aucune confiance », a-t-il dit. La décision de lancer l’opération militaire spéciale, comme le qualifie Moscou, était « inévitable », a-t-il conclu.

Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’exprime lors du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la guerre en Ukraine à New York, aux États-Unis, le 22 septembre 2022. | JUSTIN LANE / EPA/MAXPPP

De son côté, le président français Emmanuel Macron a de nouveau critiqué la Russie qui « a décidé de passer une étape dans l’escalade », dans un entretien diffusé ce jeudi sur BFMTV. « La Russie est en train de s’isoler sur le plan démocratique », a-t-il répété, dénonçant un « chantage » de la Russie, qui agite la menace nucléaire. Emmanuel Macron a toutefois botté en touche sur la question de ce que ferait la France si une frappe nucléaire russe avait lieu. « La France est une puissance nucléaire raisonnable », a-t-il simplement déclaré.

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